Accueil > Les rossignols du crocheteur > GÉNÉRALITÉS / COLLECTIFS > THÈMES ET GROUPES > SUR DES EXPOS COLLECTIVES > Avant-œuvre
RAPHAËL MONTICELLI
Voici un texte de 2004. Préface d’une exposition collective organisée par l’association niçoise stArt, il comporte deux parties. La première, Avant-œuvre, donne les circonstances de sa rédaction. La seconde Musica Maestro ! appartient au genre littéraire du centon.
Voici, maintenant, l’histoire de cette préface...
Gilbert Baud a souhaité organiser une exposition, réservée aux artistes de « stArt » (c’est à dire une cinquantaine de personnes) présentant en même temps « une oeuvre aboutie et ses préliminaires ».
Il m’a proposé d’en écrire la préface en quelques pages...
Je savais bien que présenter en quelques pages, 50 artistes répartis en 6 ou 7 sections, des arts plastiques à l’architecture et à la musique, sur le problème particulier du rapport entre l’oeuvre achevée et ses préliminaires, était proprement impossible,
Mais comment résister au plaisir de participer à ce projet. J’aime les multitudes et leurs rumeurs. Plus encore que les différences, j’aime les divergences. J’aime les heurts, les oppositions, les rencontres paradoxales...
J’ai donc décidé de donner un texte qui rende compte de la variété des oeuvres, et de la diversité de leurs préliminaires, de la multiplicité de ce que disent les artistes de « l’avant-oeuvre », des préliminaires ou , une sorte de texte-image de cette multiplicité là... C’est dans ce but que j’ai fait demander aux artistes participants de dire –en deux ou trois lignes- comment ils pratiquaient, vivaient, disaient, les préliminaires de l’oeuvre... 41 d’entre eux ont répondu... Parfois en bien plus que 3 lignes... Des généreux ont donné une page. On comprendra qu’on ne retrouvera dans les quelques pages du texte qui suit que les échos de leur générosité.
Les réponses ont été aussi variées que je le souhaitais : elles vont du déni du préliminaire (avant l’oeuvre il n’y a « rien d’important, que du désespérant » ou « Je suis un créateur précoce j’évite tous préliminaires », et « pas de dessin pas de plan ») à la métaphore amoureuse (avant, une oeuvre c’est « comme une femme qu’on n’a pas encore « eue »), en passant par des détails très pratiques dans les modalités ou les techniques (« Je laisse courir la mine de plomb sur le papier » ou « dessins aboutis dans des livres de 60 pages 50 cm x 40 cm ») ou par des avant oeuvres diverses (« Le tableau débute par un poème écrit la veille » ou « j’essaie d’associer les différents éléments qui sont dans ma tête avec ceux qui sont sur ma table de travail » ) ou des préliminaires généraux (« avant, c’est la révolte ! » ou « l’évocation d’une rage rendre sensible une certaine façon d’être au monde »)
Ce sont toutes ces phrases que j’ai voulu reprendre, dans une sorte de grand choral à quarante et une voix... Ce qui rend l’oeuvre possible ? C’est tout ça. Et d’abord cette faculté et ce besoin que nous avons d’échanger, de nous parler, le grand palabre en quoi, si l’on en croit nos genèses, dieu a pris forme... et avant les mots, le souffle, cette grande musique qui est la condition et l’origine de tout, alors.... « Musica maestro !! »
Pour participer à ce forum, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d’indiquer ci-dessous l’identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n’êtes pas enregistré, vous devez vous inscrire.