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MICHEL DIAZ
Ce texte est extrait de Quelque part la lumière pleut , recueil en attente de publication.
les murs, là-bas, sont traversés de vitres qui laissent passer la lumière, comme fait une déchirure dans une matière affaiblie, à peine les couleurs d’un printemps sans odeur, à peine encore les images grisonnantes d’une vie lointaine qui s’insinue tant bien que mal à travers les fenêtres, tremblante flamme de chandelle dans un air pétrifié, car on les a bâtis, ces murs, en plein désert, sous un ciel sans étoiles, sans portes pour s’en évader, et sans chemin de fuite
j’ai tenté, autant que j’ai pu, de lui tenir la main en arpentant, à petits pas traînants, les couloirs blancs, interminables, où quelque chose de ce qui avait été sa longue et douloureuse histoire subsistait comme une lueur, mais je sentais sa vie s’effriter au bout de mes doigts, le silence remplir sa langue, s’installer entre elle et le monde une coupure d’électricité
je la sentais aussi, puiser parfois dans son obscurité croissante la clarté d’un regard et celle, foudroyante, d’où naissait un geste maladroit qui se voulait caresse, une pensée, une autre, comme s’écroulent les châteaux de cartes, et le temps passant là-dessus, rivière emportant tout dans un torrent sans fond
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