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RAPHAËL MONTICELLI
Pour Leonardo Rosa
Voici une histoire hésitante... Elle est née en 1993 dans l’atelier de Leonardo Rosa, à Castelvecchio, village historique dans le haut pays d’Albenga, en Ligurie. L’atelier était plein de bocaux de diverses cendres dont Rosa se servait comme pigment pour son travail.
IV
« Il (homme jeune encore - grande silhouette mince » ou « sa grande ombre mince de violette sur le sable) » - « Il aurait écouté - entendu - les récits à peine crépitants des herbes fraîches, comment des enfants auraient été chargés d’alimenter le feu -le pauvre feu- autour duquel une tribu nomade allait se réunir et murmurer dans la nuit tombant au bord de l’eau. La fascination des braises -si ténues soient-elles » ou « d’autres plus grandes qu’elles sont plus fragiles » - « coraux fugaces -éphémères pierreries- cramoisies - bleuissantes » - « L’or des braises passe celui des nuits s’efface - seule l’eau sait à tout moment conserver les couleurs précieuses. Les vieux nomades auraient pu le savoir, eux qui avaient confié aux enfants le soin de faire durer ces simulacres d’étoiles dans un brasier au bord de l’eau. Le savant berceur de feu -le porteur de lumière- aurait pu être aussi un sculpteur d’air : il aurait été capable de ponctuer chaque soubresaut du feu de sa plainte incessante en fond de gorge justement modulée. C’est lui qui, chaque soir, aurait pu prendre la nuit, le froid, et leurs frissons, le serpent des solitudes, les étages pesants de l’eau, le resserrement des gorges et le choc du sang contre la poitrine et les tempes, le chant rauque des éboulis et des effondrements, les cris inattendus des bêtes immobiles, pour les transformer en murmure assourdi. Et chaque soir, la tribu assemblée autour des gestes mesurés des enfants entretenant le feu, aurait été de plus en plus attentive au murmure plaintif du berceur de feu, de sorte qu’elle serait parvenue, chaque soir, à éloigner d’elle les effrayantes raisons de la plainte -la peur-le froid-la faim-la douleur- pour se blottir, dans la tranquillité de la pure modulation » - « Tout en continuant à alimenter le feu, il serait demeuré comme stupide dans la chaleur et la fumée, léché par les contorsions chaudes qu le vent, conduit par les vagues toutes proches, imposait en volutes complexes au vieux danseur. »
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