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RAPHAËL MONTICELLI
Le livre, territoire et horizon
La revue Colophon, sise à Belluno, dans la région de Venise, m’a demandé un texte sur l’Archipel Butor. Nous sommes dans l’année du centenaire de Michel Butor : en attendant que la version italienne paraisse, en voici la version française.
Perspectives et enjeux territoriaux
Situé dans le Grand Genève, l’Archipel joue un rôle de pont culturel. Les collaborations se multiplient, par exemple avec la Fondation Bodmer à Cologny, dont le « fonds Butor » s’est constitué à partir d’une importante donation de l’auteur. Elles font de ce petit village savoyard un nœud essentiel de la coopération culturelle franco-suisse.
Modèle de popularisation de l’œuvre d’un écrivain, l’Archipel Butor est aussi un modèle de développement par la culture qui dynamise l’économie locale tout en préservant l’identité rurale de Lucinges.
Michel Butor aimait ces labyrinthes où l’on finit par se trouver. L’Archipel de Lucinges est à son image : un lieu foisonnant, parfois exigeant, toujours généreux. Un lieu de rencontre avec l’art, les textes, les livres. Un espace pédagogique aussi, dans une pédagogie bienveillante qui laisse une grande place au « faire ». Et cette dimension aussi est une marque de Michel Butor. Cent ans après sa naissance, l’œuvre de celui qui se définissait comme un « illustre inconnu » n’a jamais été aussi vivante et répandue, et c’est en partie au travail de l’Archipel qu’elle le doit.
Note
Sur le site « Dictionnaire Butor » (https://dictionnaire.butor.ch/), tenu par Henri Desoubeaux jusqu’en 2023, on trouvera une énorme bibliographie de l’auteur.
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