BRIBES EN LIGNE
depuis belle lurette, je antoine simon 6 antoine simon 5 ouverture d’une       la sommaire ► page suivante sommaire ► page suivante et en bas de page vous page suivante ► page samuel chapitre 16, versets 1 a supposer que ce monde bernar venet - 1 2 3&nbs vers le sommaire du livre 2       sur le deux ajouts ces derniers aller à la liste des auteurs quatrième essai de le chêne de dodonne (i) ► une parole libre et       la vers le sommaire du livre 4 vers le sommaire du livre 2 se placer sous le signe de       embarq certains prétendent textes mis en ligne en 1 2 3&nbs portail de l’espace 1 2 3&nbs madame dans l’ombre des inoubliables, les j’ai changé le naviguer dans le bazar de       au madame est une pour daniel farioli poussant cliquer pour rejoindre la huit c’est encore à vers le sommaire du livre 2 vous avez vers le sommaire du livre 4 il y a des titres qui 1 2 3&nbs j’pense à toi bruno page suivante ► page aller À boomerang b des quatre archanges que l’annÉe 2021 mois par       le       au les grands je t’enfourche ma antoine simon je découvre avant toi    tu sais depuis ce jour, le site du bibelot au babil encore       fourmi&n       force bel équilibre et sa 1 2 3&nbs naviguer dans le bazar de aller au portail de 1 2 3 page d’accueil de retour à la recherche page suivante page 1 2 3 aller à la bribe suivante pour michèle aller au portail de aller au texte aller à l’article       s’ ainsi va le travail de qui avant lire une interview de       sur 1 2 ce n’est    il     dans la rue la textes mis en ligne en À la loupe, il observa 1 2 3&nbs       la dans les écroulements je meurs de soif journée de madame aux rumeurs 1    le recueil que       ".. revue       un aller au portail de 1 2 3&nbs pour accéder au volume 5 des       coude aller au portail de portail de l’espace chaque automne les page suivante ► page  tu ne renonceras pas. couleur qui ne masque pas 1 2 à le recueil de textes ajout de fichiers sons dans « pouvez-vous       magnolia le slam ? une ruse de vers le sommaire du livre 3 pour helmut 1 2 3&nbs page suivante gérard aller au portail de       et rêve, cauchemar, 1 2 3 1 2 3&nbs le geste de l’ancienne, l’envers de la mort, l’ultime port, 1 2 3 je page suivante ► page aller à la liste des auteurs 30 décembre 1963. revue       deux je ne sais pas si       le long dieu faisait silence, mais page suivante ► page a claude b.   comme une textes mis en ligne en juin 1 2 3&nbs       je me vers le sommaire du livre 4 vers le sommaire des (vois-tu, sancho, je suis madame est toute vers le sommaire du livre 2 à propos des grands vers le sommaire des recueils sauras-tu lui répondre       le vers le sommaire du livre 2 aller à la bribe suivante faisant dialoguer errer est notre lot, madame, toute une faune timide veille aller vers bribes, livres 1   pour olivier page précédente retour photos de frédéric       objectif un texte que j’ai       voyage  au mois de mars, 1166 page suivante ► page et nous n’avons rien la liberté de l’être d’abord trouver       dans à la bonne       pass&eac textes rÉunis sous un titre textes mis en ligne en merle noir  pour pas de pluie pour venir vers le sommaire du livre 4 page suivante ► page       dans le ► le goût du       (       neige le poiseau de parisi mon       je fais oiseau tranquille au vol page suivante ► page 1 2 3&nbs       dans le 1 2 3 page suivante page textes mis en ligne en       pour aller à la liste des auteurs page suivante ► page 1 2 dimanche là-bas, dans le pays des quatre si la mer s’est aller à l’article aller à l’article cristina de simone : le       baie madame des forêts de « tu sais ce que mis en ligne durant à sonia « la vraie mieux valait découper juste un pour max charvolen 1)       les       sur la       je me today i eat my 1 2 3     de rigoles en approche d’une aller à la bribe suivante aller au portail de 1 2 3&nbs vers le sommaire du livre 2 ...et la mémoire rêve vers le sommaire du livre 2       apr&egra page d’accueil de     sur la il ne sait rien qui ne va       entre boomerang a ► archipel page suivante page page précédente page madame est la reine des tout mon petit univers en  epître aux le chêne de dodonne (i) station 3 encore il parle si vous entendez le lac antoine simon ce mot comme à la hâte   tout est toujours en de soie les draps, de soie la chaîne youtube sur et sous ces étagements liquides sommaire ► page suivante 1 2 bruno vers le sommaire du livre 3 bribes en ligne, la lettre aller à la bribe suivante nous savons tous, ici, que mise en ligne d’un pour philippe page suivante ► a toi le page suivante ► page page suivante ► page préparer le ciel i vers le sommaire du livre 3 madame, vous débusquez vers le sommaire du livre 3 page suivante ► page jean dubuffet : honneur il existe deux saints portant paysage de ta biboon. plus qu’une saison. textes mis en ligne en 1 2 quelques cher.e.s ami.e.s vous pouvez voir ci dessous le portfolio vers le sommaire des aux barrières des octrois madame porte à       que de vers le sommaire du livre 3 béatrice machet vient de tout est possible pour qui page suivante ► page ecrire, la vie en dépend, 1 2 3 i.- 1 2 3&nbs 1 2 3&nbs madame déchirée le "patriote",       "j& l’annÉe 2022 mois par il est le jongleur de lui denis roche : vers le sommaire du livre 4 quand il voit s’ouvrir,  jésus       dans vers le texte suivant carmelo le 28 novembre, mise en ligne traquer et c’était dans je t’enlace gargouille       en       sur le cinq madame aux yeux c’est seulement au à sylvie   saint paul trois vers le sommaire du livre 4 les éditions colophonarte       m’ 0- souviens-toi. sa « voici page suivante ► page vers le sommaire du livre 4 page précédente ► page     sur la pente le plus insupportable chez n’ayant pas       la 1 2 3 page précédente ► de vers le sommaire du livre 2 aller à la liste des il pleut. j’ai vu la aller au portail de textes mis en ligne en fête du livre on cheval À peine jetés dans le dans le pain brisé son descendre à pigalle, se aller au portail de (la numérotation des       ton présentation du projet textes mis en ligne en avril       voyage jusqu’à il y a dix l’espace ouvert au vers le sommaire du livre 3 le soleil n’est pas       je suis Éphémère du 22 juillet à aller à la liste des auteurs bernadette griot vient de       cerisier la tentation du survol, à vers le sommaire du livre 2 patrick joquel vient de  zones gardées de page suivante ► page antoine simon in the country sommaire ► page suivante elle a trente ans ou travail de tissage, dans <p présentation du projet vers le texte suivant a 1 2     chambre et que dire de la grâce calzavacca et de mes deux mains douze (se fait terre se pour visionner je voudrais voir les arbres page suivante ► page hommage à rené magritte   ces notes       " page suivante ► page vers le sommaire du livre 3 aller à l’article aller à la bribe suivante 1 2 3&nbs s’égarer on le ciel est clair au travers deux nouveauté, vers le sommaire du livre 3 aller au portail de aller à la bribe suivante mais jamais on ne cet article est paru dans le leonardo rosa vers le sommaire des recueils voir les bifaces de b. ce qui fait tableau : ce     extraire page suivante page       tourneso page précédente ► page textes mis en ligne en avril essai de nécrologie, ce texte sert de préface à antoine simon 9 un tunnel sans fin et, à voir document expo boltanski       le vent textes mis en ligne en avril  les éditions de c’est la peur qui fait page d’accueil de vers le sommaire du livre 3 1 2 3&nbs aller au portail de l’impression la plus charogne sur le seuil ce qui page suivante ► page sommaire ► page suivante s’ouvre la les articles mis en ligne en       pass&eac     un mois sans la parol

Accueil > Au rendez-vous des amis... > Freibach Hans > Les « beaux chemins » de Philippe Jaccottet

FREIBACH HANS

Les « beaux chemins » de Philippe Jaccottet
© Hans Freibach , Alain Freixe , Jean-Marie Barnaud
Publication en ligne : 26 février 2021
/ article dans revue
Ecrivain(s) : Freixe , Barnaud

Cette approche de la poésie de Philippe Jaccottet est parue dans la revue Sud, n°110/111, en 1995. Elle est signée Hans Freibach, dont l’identité demande quelques précisions.
C’est vers la fin des années 80 que Jean-Marie Barnaud et Alain Freixe dont le travail autour de la poésie et de l’écriture commence - il se poursuit toujours aujourd’hui ! - dès le début des années 70, décident de donner naissance à Hans Freibach. On entendra dans ce nom résonner leurs deux noms et l’on pourra voir couler cette « libre rivière » qui ne s’attardera jamais aux reflets de ses ponts, comme l’écrivait René Char. Jean-Marie Barnaud pourra écrire à ce sujet : « Hans Freibach » n’est pas seulement le pseudonyme auquel Jean-Marie Barnaud et Alain Freixe ont recours pour signer certains articles critiques écrits en commun, il est avant tout l’élément clef de leur mythologie personnelle à travers laquelle prend figure leur amitié.

Jaccottet (à gauche) avec Freibach (Freixe, de face, Barnaud à droite) (droits réservés)

La fidélité que j’évoquais, on la retrouve d’abord dans la posture du voya-geur, puisque c’est ainsi que se présente le poète. Non pas voyageur au sens rimbaldien du terme, avec toute la démesure que cela implique, et ce goût pour l’illimité qui mène à tout risquer. Mais plutôt voyageur, en effet, sur des « chemins », un peu à l’écart de la foule, certes, mais balisés, déroulant leurs lacets autour de lieux dont l’espace est ordonné ; avec la présence, à portée de regard, de la montagne, de ses cols qui vous appellent, de ses eaux messagères.
Lieux vers quoi, dans ce livre, on revient, en « touriste ». Lieux d’enfance, donc : paysages suisses, paysages d’alpages, qu’il y a toujours moyen d’aborder de façon humaine. Lieux qui reviennent de nuit, comme ce « Hameau », qui ne manque pas d’évoquer « Beauregard », à la faveur d’un de « ces rêves » de chaude intimité (autant d’ images abandonnées sur les jusants du réveil, qui conduisent « au bord des larmes » comme aux premiers mots du poème, pour tenter de rassembler les fragments de ce secret, source de l’émotion, qui s’est retiré du rivage, mais dont les sables gardent, lumineuses encore, les traces ). Lieux humbles aussi, sentier que l’on gravit comme au col de Larche, vergers que l’on longe, combes et prairies qu’on « traverse » moins qu’elles ne nous « traversent », paysages que l’on arpente.
Jaccottet l’arpenteur ? Ce serait plutôt cela. Celui qui prend la mesure de sa terre. Jaccottet le géomètre ? le géographe aussi bien, celui qui, écrivant avec justesse sa terre, écrit la terre, notre patrie.
Et combien de titres antérieurs reviennent en mémoire, qui balisent aussi ce cadastre : A travers un verger, La promenade sous les arbres bien sûr, ou tels poèmes de l’Effraie, de l’Ignorant : par exemple, la « chambre du voyageur, et sa »fenêtre« , elles sont déjà dans la si belle »Lettre du vingt-six juin«  [2], mais plutôt comme les signes d’une angoisse. Voyager alors, en effet, peut-être à cause de l’instabilité qu’impliquait le mouvement, l’incapacité de se poser là ( »Il y a si longtemps que je cherche à vivre ici / dans cette chambre que je fais semblant d’aimer«  [3]), était aussi une souffrance : »Et vous ne verriez plus à travers ses paroles / qu’une chambre de voyageur, une fenêtre / où la buée des larmes voile un bois brisé de pluie...".
Tandis que le retour au paysage d’enfance, dans Après beaucoup d’années, apaise. Sans doute le regard s’est-il épuré : dans cette même « Lettre du vingt-six juin », n’appelait-on pas de ses vœux l’écroulement de tous ces « illusoires murs que le vent pousse », et dont plus aucun maintenant n’« arrête le regard » ?
Par exemple encore, le visage tutélaire et aimant, que les yeux de l’enfant ont fixé pour toujours dans une attitude surannée, cette « très vieille dame d’un autre temps », et qui rappelle celle dont « le travail du poète [4] évoque tendrement l’absence...Ou encore tel regard de femme aimée.
Tant d’êtres et de choses, tant de paysages qui font ainsi retour dans ce dernier livre, tous éléments d’un espace si fort intériorisé, tellement passé du côté de l’invisible qui nous habite, qu’ils sont devenus les témoins de cette voix, les signes sensibles de sa présence.
Oui, il y a bien des éléments récurrents dans le paysage jaccottéen. Leur permanence rassure. Fidèlement le promeneur y revient, ou les évoque. Il leur donne un abri dans le poème, ou dans ces petites séquences en prose qui sont comme autant de voies de traverse.
Oui, tout cela constitue bien un lieu, c’est-à-dire cet espace ordonné autour d’un centre tant recherché depuis qu’il existe, chez ce poète, une « pensée des lieux », depuis l’origine sans doute.
Or, qu’est-ce qu’un lieu ? A la question posée dans Paysages avec figures absentes et à laquelle ce livre répondait aussi en disant qu’il ne s’en trouvait plus - sinon épars, éclatés, en parcelles, à peine quelques traces - Après beaucoup d’années donne une réponse plus heureuse : près des eaux de la Sauve, on éprouve ce sentiment qu’ici « tout est lié, tout se tient, tout tient ensemble » ; qu’ici tout convient à tout. Et même si le temps s’écoule toujours, rien ne tremble, rien ne se trouble, rien ne semble se dissiper. Ici, tout est en ordre : « debout », « ferme et clair », « calme », « comme au premier jour (...) comme il y a très longtemps ». Cosmos retrouvé. Beauté revenue sans qu’il soit « besoin d’aller au-delà » de ce « moment du jour et de la sai¬son », où nous voilà comme « suspendus », arrêtés, « en esprit, pour un instant, pour toujours ». Et c’est comme si l’on vivait à la naissance des jours. Renouant avec le rêve d’Eve, avant que ne l’ait terni l’insupportable pesanteur.
Plus heureuse, la réponse paraît aussi plus assurée d’elle-même, comme débarrassée de ses doutes. Réponse « héroïque », comme l’est le paysage du col de Larche, réponse qui ose « en cette fin de millénaire », « en un temps de fin du monde », affirmer qu’« on n’est pas absolument tenu de n’accorder de réalité qu’à l’ignoble ». Jaccottet ne s’interroge plus comme il le faisait dans A la lumière d’hiver : « tout cela qui me revient encore - peu souvent - / n’est-il que rêve, ou dans le rêve / y-a-t-il un reflet qu’il faut préserver ? ». Ici, près des eaux du Lez, de la Sauve, ou près de celles qui dévalent les pentes du col de Larche, il affirme : « ce lieu et ce moment ne sont pas un rêve ».
Fugitives, les eaux ? Eboulées, les ruines ? Rien, dit Jaccottet, ne parle de perte, ni de ruines, « rien ne parle d’exil ». L’instant fait asile, ce lieu sa¬cré où la sécurité était, dans l’antiquité, garantie. L’instant rédime le monde. Chaque chose étant reliée aux autres, le voyageur se trouve lui-même relié au tout. Aussi est-il dans cet « espace immense comme dans une maison qui (l’) accueille sans (l’) enfermer ». Montagne - maison, Jaccottet en faisait déjà dans La semaison l’image même de « la limite heureuse, (...) celle qui n’enferme pas », celle qui sait ménager des passages, des ouvertures.
On le savait, Jaccottet aime la lumière. Mais n’avait-on pas fini par oublier qu’il aimait aussi sa « puissance inouïe » ? Ne disait-on pas, le plus souvent, qu’il n’était à l’aise que dans les clairs-obscurs, la clarté indécise des buées, que la lumière aimée était celle qui déréalisait les choses, qui les délivrait de leur consistance comme pour un envol, ou celle qui semblait émaner d’elles comme par transparence ? On le disait et, sans doute, avait-on raison. Mais voilà qu’avec Après beaucoup d’années revient une lumière « aussi ferme, aussi dure, aussi éclatante que les roches ». Lumière cosmogénique, lumière qui bâtit le lieu. C’est elle qui tient tout ensemble par « des nœuds de pierre ». C’est elle qui nouant les choses entre elles, d’une part, nous noue à elles, dans l’harmonie d’une évidence retrouvée, et d’autre part, dénoue les fruits de la petitesse de notre moi imagi¬naire, ombre toujours préoccupée d’elle-même : « maladie, ou faiblesse, ou lâcheté ». A cette lumière qui « guérit », « on peut s’appuyer, s’adosser » et se remettre debout comme « sur un bastion ». Non pas évidemment pour occuper une position de maîtrise mais pour être comme dans un lieu impossible, à la fois ouvert et fermé, où l’on vivra mieux parce que dans cette position juste, on « rend au regard son plus haut objet » [5]. Et quel est-il cet objet sinon cette coïncidence entre la merveille et l’énigme, cet invisible qui, touchant en nous ce qui nous est le plus intérieur et le plus dérobé à la fois, et le faisant vibrer, ouvre en nous « ces beaux chemins » où l’on va, ailes aux pieds, comme à contremont, vers ce col d’où semble monter, impérieusement, une lumière toujours plus vive. Loin de nous éloigner de la vie, « ces beaux chemins » nous y ramènent. Il en va ici comme de toute conversion. Rien n’a changé et tout a changé. C’est toujours de notre monde dont il s’agit, mais vu autrement, vu « à partir de ce qui ne peut se voir », vu à partir de ce à quoi nous sommes devenus si aveugles, nous qui vivons dans l’aveuglement, nous qui ne voulons plus voir. Jamais peut-être l’affirmation de Simone Weil que Jaccottet aime à citer [6] n’a été plus vraie : « le regard est ce qui sauve » [7]

Notes

[2L’Ignorant, Gallimard, 1958

[3L’Effraie et autres poésies, Gallimard, 1953

[4 »L’Ignorant, Gallimard, 1958

[5Paysages avec figures absentes, Gallimard, 1976

[6Par exemple dans La semaison, Gallimard, 1971, ou dans Paysages avec figures absentes, Gallimard, 1976

[7Attente de Dieu, Fayard, 1977

Un message, un commentaire ?

Forum sur abonnement

Pour participer à ce forum, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d’indiquer ci-dessous l’identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n’êtes pas enregistré, vous devez vous inscrire.

Suivre la vie du site RSS 2.0 | Plan du site | Espace privé | SPIP