Accueil > Chants à Tu > LA LÉGENDE FLEURIE > Saint François et le loup de Gubbio
RAPHAËL MONTICELLI
Cette légende inédite dite « du loup de Gubbio » a connu plusieurs version. Tour d’abord celle qui a été publiée par La Diane française. Ensuite celle qui a été présentée à l’école saint François de Monaco. Enfin, celle-ci, présentée à la bibliothèque diocésaine de Nice.
Le récit de Marie Louise :
Il y avait bien des loups à cette époque dans nos montagnes et nos forêts de chênes. Ils se déplaçaient en petites meutes, faisaient leurs affaires, se nourrissaient de gibier, et parfois, peut-être aussi, d’un mouton égaré. Ils ne faisaient pas plus de dégâts pour les habitants d’Agobbio que les aigles ou les ours et certes moins que les renards dans les poulaillers, ou même les cerfs et chevreuils dans les cultures.
Mais on avait peur des loups. Quand, par extraordinaire, on en croisait, on se figeait, on sentait ses poils se hérisser, on transpirait. Si on était en groupe, on s’enhardissait, on criait, on lançait des pierres. La plupart du temps, les loups passaient leur chemin.
Pourquoi notre peur du loup ? Peut-être parce que, semblable à nos chiens, ils ne manifestent pourtant aucune sympathie à notre endroit. Peut-être parce qu’ils savent s’organiser à plusieurs. Peut-être parce qu’ils témoignent d’une intelligence qui nous échappe parfois.
Quoi qu’il en soit, ils font peur et, quand on ne peut les éviter, on essaie de les chasser.
Ces mêmes sentiments agitaient à l’époque les habitants d’Agobbio, comme ceux d’ailleurs, comme ils agitent encore le cœur des gens d’aujourd’hui.
Or voici qu’en ces temps lointains, quelques Eucubins qui partaient pour la chasse, tombèrent sur un tout petit groupe de loups : un mâle, une femelle et une petite portée. Nombreux et armés, ils eurent le courage non seulement d’insulter la petite famille, mais de l’attaquer et réussirent à tuer le mâle tandis que la femelle mettait ses petits à l’abri.
Tout fiers de leur victoire, il s’acharnèrent sur la dépouille, sans plus s’inquiéter de la mère et de ses petits. Je te laisse imaginer le retour, la joie partagée, la fête, le bruit. Il fut décidé que, désormais, on poursuivrait la louve et ses petits jusqu’à ce que mort s’en suive.
C’est ainsi que l’on fit de la louve d’Agobbio l’animal sauvage dont parlent les légendes : le loup de Gubbio était une louve dont on avait assassiné le loup, et qui se mit à défendre ses louveteaux de la cruauté des hommes.
Pour participer à ce forum, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d’indiquer ci-dessous l’identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n’êtes pas enregistré, vous devez vous inscrire.