Accueil > Les rossignols du crocheteur > KLEIN Yves > Six essais sur les monochromes de Klein.
Raphaël Monticelli
À propos d’Yves Klein
Deuxième essai
Le spectacle a permis à Klein de donner figure dramatique à sa recherche... Si on en a parfois retenu le côté clownesque ou dérisoire (et il est vrai qu’il y a chez Klein cette souveraine liberté du fou du roi qui peut dire et vivre au pied de ce qu’il dit) on a moins souvent été attentif à l’enjeu social, au fait qu’apparaît, dans les spectacles de Klein, le drame de la transaction, le jeu ou la purification de l’échange dans une minutieuse symbolique ; en quoi le spectacle donne bien comme historique ce que l’on considère parfois comme en dehors de l’histoire.Retour ligne manuel
Ainsi la transaction d’Anvers.. Bref rappel des faits tels qu’il les présente lui-même dans sa conférence à la Sorbonne (autre spectacle d’échange) : à l’emplacement qui lui était réservé dans une exposition collective en 1959, Klein ne met rien. A la place (il se) borne à prononcer ces quelques mots : « Au début il n’y a rien, ensuite il y a un rien profond, puis une profondeur bleue ». Citation qu’il a puisée dans la Poétique de l’Espace de Bachelard.Retour ligne manuel
Premier moment de la transaction : l’oeuvre ne vaut que son poids de mots ; l’espace physique ne devient espace artistique qu’en vertu de la parole... Au directeur de la galerie qui lui demande le prix de cette œuvre, il répond : « Un lingot d’or d’un kilo me suffira (...) le troc est honnête ».Retour ligne manuel
Deuxième moment de la transaction : la valeur s’établit dans le refus de l’intermédiaire monétaire.Retour ligne manuel
Cette double affirmation de l’incapacité de l’équivalent monétaire à remplir son rôle symbolique (assortie du repli sur une valeur étalon dont on sait la charge) et de la toute puissance de la parole, si idéaliste puisse-t-elle sembler, s’inscrit au cœur des problèmes de la reconnaissance et de la circulation de l’activité artistique...Retour ligne manuel
L’échange des « zones de sensibilité picturale immatérielle » contre des feuilles d’or (dont une partie est jetée à l’eau et une autre recyclée ou réinvestie dans les monogold) relève de ce même principe.Retour ligne manuel
Au terme de ces deux premières approches, il faut enfin noter que le rêve de la peinture immédiate affecte en premier lieu le plus évident des protagonistes, le plus présent et apparemment le plus nécessaire des intermédiaires du tableau : le peintre lui-même... Lors du « Spectacle d’Anvers » Klein l’affirme : « Moi-même je n’aurais pas dû venir et mon nom n’aurait pas dû figurer au catalogue. » Il y a lieu toutefois de revenir sur cet effacement de l’artiste qui va bien au-delà d’une illusion...
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