BRIBES EN LIGNE
bernard dejonghe... depuis son père, manœuvre aux       bâ 1 2 3&nbs vers le sommaire du livre 4 1 2 3&nbs guetter cette chose janvier 2002 .traverse ouvrir le flipbook Écrire le pour michèle creuser de la langue, outil   si vous souhaitez  la lancinante le proche et le lointain       deux       un ► À la mémoire de peinture de rimes. le texte naviguer dans le bazar de le chêne de dodonne (i) à sylvie aller à la bribe suivante béatrice machet vient de huit c’est encore à page d’accueil de le chêne de dodonne (i)     le cygne sur page suivante ► page 1 2 3&nbs       coude vers le sommaire du livre 2 1 2 3&nbs       sur le page suivante ► page aller à l’article ce poème est tiré du retour à la recherche des nouvelles d’une grande page suivante ► page 1 2 3&nbs nous lirons deux extraits de cela fait 53 ans reprise du site avec la 1 2 3&nbs autre citation       m’ le chêne de dodonne (i) 1968 - hamida cyclades, normalement, la rubrique aller à la liste des auteurs à propos des grands antoine simon 9 pour accéder au contenu du 1 2 ce n’est pour michèle gazier 1) mais non, mais non, tu effrayante humilité de ces 1 2 3&nbs ] heureux l’homme       chaque       et 1 2 3&nbs bribes en ligne a cette machine entre mes 1 2 aller au sommaire des avec marc, nous avons page suivante ► page page suivante page biboon. plus qu’une saison. aller à la liste des auteurs vers le sommaire du livre 3 grande digue est dispersée et que dire de la grâce je reviens sur des bribes en ligne, la lettre les terrasses abandonnées vers le sommaire du livre 4 page suivante ► page aller à « À       crabe-ta   je n’ai jamais traquer     cet arbre que       le vers le sommaire du livre 4  pour le dernier jour aller à l’article  dernier salut au préparer le ciel i bien sûr la quatrième essai de madame porte à antoine simon page précédente retour 1 2 iii sur 1 2 3&nbs kurt schwitters. : voir les œufs de       marche aller à la bribe suivante vers le sommaire du livre 2 la brume. nuages générations haut var ► trois petits 1 2 3&nbs nouveautés et modifications j’ai perdu mon 1 2 3&nbs 1 2 ► page d’accueil de il existe deux saints portant merci à marc alpozzo gravure pour philippe       neige qu’est-ce qui est en quelque chose l’envers de la danse de l’impression la plus rimbaud a donc ouverture d’une vers la lettre ouverte au       droite encore la couleur, mais cette       la       six vertige. une distance   À léon-gontran patrick joquel vient de page d’accueil de nous avancions en bas de 1 2 3&nbs il souffle sur les collines nos voix 1 2 3&nbs ils sortent   se ce qui fascine chez 1 2 samedi 3 tout en vérifiant à dans les écroulements page suivante ► page il n’y a pas ici une fois entré dans la lettre d’information décembre 2001. page d’accueil de exposition de la série       aux 1 2 3 merle noir  pour       je me il tente de déchiffrer, pour daniel farioli poussant page suivante ► page       vu les pour andré n’ayant pas voir les œufs de madame déchirée nous dirons donc la terre a souvent tremblé  le grand brassage des pénétrer dans ce jour, boomerang a ► archipel       &       retourn& textes mis en ligne en mai 1 2 3&nbs page suivante ► page 1 2 3&nbs       au a propos de quatre oeuvres de vers le sommaire du livre 4 eurydice toujours nue à toutes sortes de papiers, sur 1 2 3&nbs aller à la bribe suivante on dit qu’agathe       " textes mis en ligne en dans l’effilé de le franchissement des sommaire ► page suivante aller à l’article       pé deux ajouts ces derniers page suivante ► page je désire un vers le sommaire des à cri et à page suivante ► page rafale n° 9 un       sabots pour martin l’annÉe 2022 mois par ► remplir ce vide vous       au soir 1 2 3&nbs textes mis en ligne en antoine simon 6 le géographe sait tout textes mis en ligne en ….omme virginia par la j’aime chez pierre 1 2 3&nbs page d’accueil de aller à la bribe suivante qui d’entre nous jean dubuffet : honneur depuis belle lurette, je voici les ajouts et Être appelé par son       é quand il voit s’ouvrir,       araucari page suivante page 1 2 le corps encaisse comme il pour accéder au texte madame est une torche. elle       à mieux valait découper deux ce travail vous est pour robert couleur qui ne masque pas     oued coulant vers le sommaire du livre 4 les premières moi cocon moi momie fuseau vers le sommaire du livre 3 1 2 en il était question non       pass&eac deuxième suite   au milieu de photos de frédéric 1 2 vers le sommaire des sommaire ► page suivante naviguer dans le bazar de les céramiques et 1 2 3 page suivante page le nécessaire non viallat © 1 2 à textes mis en ligne en       les et que vous dire des aller à l’article 1 2 3&nbs descendre à pigalle, se page d’accueil de 1 2 25 octobre pour visionner raphaël monticelli haut var ► brec dans ma gorge la pureté de la survie. nul 1 2 3&nbs 1 2 3 page précédente ► de « pouvez-vous a propos d’une la mort, l’ultime port,       ...mais soudain un blanc fauche le la bouche pleine de bulles ce 28 février 2002.     tout autour page d’accueil de les ruelles blanches qui vers le sommaire du livre 4 si vous entendez le lac "l’art est-il       les       il gardien de phare à vie, au 1 2 abu zayd me déplait. pas la petite fille est assise villa arson d’exposition en antoine simon photo charles chaboud, les cahiers butor sont fragilité humaine. vers le sommaire du livre 2 ce n’est pas aux choses un tunnel sans fin et, à 1 2 3&nbs dont les secrets… à quoi       que de       bruyante page d’accueil de 1 2 aller au le peintre manuel casimiro a) les villes abandonnées il i en voyant la masse aux vers le sommaire du livre 3  la toile couvre les d’abord trouver je voudrais voir les arbres       pourquoi ceci… pour prendre mesure. Être tout entier la flamme aller à l’article des quatre archanges que derniers textes mis en 1 2 3&nbs 1 2 3&nbs antoine simon 1 2 3       le de l’autre le chêne de dodonne (i) fête du livre rita est trois fois humble. page précédente retour des voiles de longs cheveux attendre. mot terrible. edmond, sa grande marie antoinette       dans le  zones gardées de on peut croire que martine 1 2 3&nbs ajout de fichiers sons dans beaucoup de merveilles       j’ lien vers la totalité des aller à la bribe suivante 1 2 3&nbs (ma gorge est une quatre si la mer s’est pour accéder au recueil,       bonheu 1 2 3 vers le sommaire des de mes deux mains aller à l’article nouvelles mises en       fourr&ea     longtemps sur bel équilibre et sa       le vent dans les horizons de boue, de du maurithuis par c’est la chair pourtant pour accéder au volume 6 des page suivante ► page effleurer le ciel du bout des je suis vers le sommaire du livre 2 page suivante ►   les page suivante ► page buttati ! guarda  tout mon petit univers en 1 2 3 (À l’église centre georges textes mis en ligne en à claude held patiente la nouveautés et modifications       pour       avant et te voici humanité vers les deux articles de il a surgi sans crier rêve, cauchemar, je me souviens de       le  marcel migozzi vient de vers le sommaire du livre 4  hors du corps pas le galop du poème me       juin page précédente retour mais jamais on ne textes mis en ligne en pour accéder au tome 3 des les parents, l’ultime il pleut. j’ai vu la petit nuage gris qui suit page suivante ► page    de femme liseuse aller au portail de pour egidio fiorin des mots un texte que j’ai <p présentation du projet       dé la parol

Accueil > Les rossignols du crocheteur > ROSA Leonardo > Trois fois rien

RAPHAËL MONTICELLI

Trois fois rien
Publication en ligne : 21 novembre 2020
Artiste(s) : Rosa L.

À ce que raconte le texte ci-dessous, j’ajoute ceci :
Leonardo m’avait conduit dans son atelier pour voir ses derniers « experiments ». S’ensuivit une discussion au terme de laquelle il me dit : « Tu pourrais mettre par écrit tout ce que tu m’as dit ? »
Je ne suis pas capable de faire une chose pareille. Ce texte n’est pas « ce que j’ai dit », mais ça en est à coup sûr un écho.


Je me souviens qu’à propos de Radiguet, à qui l’ont doit « Le Diable au corps » alors qu’il n’avait que 17 ans, Cocteau disait que l’âge ne faisait rien à l’affaire. Nous sommes admiratifs de la précocité d’un Rimbaud, d’un Radiguet, d’un Mozart, de la fulgurance d’un Klein… Je ne le suis pas moins du Monet des derniers Nymphéas, ou de Picasso qui, à plus de 90 ans, faisait passer sur la moindre toile des œuvres d’une force, d’une fraîcheur et d’une violence toute juvéniles. Et, abasourdi devant les ses dernières toiles, exposées voici quelques années au Centre Pompidou, je me demandais -je me demande toujours- « Comment ? Comment ? Comment fais-tu, Pablo ? »… Cocteau ajoutait que la jeunesse est une acquisition de l’âge mûr.

Je rends visite à Leonardo Rosa une ou deux fois par an depuis qu’il a fêté ses 80 ans… Depuis une dizaine d’années, donc. Et j’attends, lors de chaque visite, ce moment de la journée où il me dit « Dimmi… vuoi venire in studio ? ». Ce moment où je vais découvrir ses derniers travaux.
Il en va de Leonardo comme de tous mes amis peintres : quand je suis sur le chemin de leur atelier, je me pose quantité de questions : qu’ont-ils fait depuis ma dernière visite ? Comment leur recherche a-t-elle évolué ? Quelles nouvelles formes vont-ils me présenter ?
Je connais le travail de Leonardo, ses lignes de fond, ses problèmes, ses recherches, ses techniques, ses scrupules esthétiques, son éthique. Je le situe dans cette grande tradition née au début du XXe siècle, qui fait œuvre avec des matériaux de récupération, des déchets, depuis que Braque et Picasso ont intégré sur la toile, des bouts de journaux, des cannages de chaise, ou des tickets de métro.
Un art fait de riens, un art pauvre, pourrait-on dire.
Et l’Italie de la fin des années 60 voit apparaître un ensemble d’artistes qui en feront l’essentiel de leur esthétique : « Arte povera » dit-on.
Je ne fais que mentionner ces artistes qui du grand Pennone à Gilberto Zorio vont illustrer cette esthétique avec, parfois, un luxe de moyens paradoxal.
Quand j’ai rencontré Leonardo Rosa, qui n’a jamais fait partie de ce groupe, j’ai découvert un artiste qui se servait de papiers d’emballage usagés en guise de supports, de cendres comme pigments, de pinceaux de récupération, et de pauvres liants. Je me suis dit : « S’il est un artiste pauvre, le voici. Ici la pauvreté n’est pas prétexte à œuvre. La pauvreté est la nature même de l’œuvre ».
Leonardo Rosa n’exalte pas le déchet, ne le glorifie pas, ne l’interprète pas, ne s’en sert pas comme un élément plastique parmi d’autre. Leonardo Rosa regarde le déchet. En fait un objet d’attention. Trouve en lui une beauté qu’on ne savait pas y voir.
Et, tout en cheminant vers l’atelier, je me dis : « Et aujourd’hui, que va-t-il encore m’apprendre à regarder ? »
Connaissant le travail, la démarche, les œuvres, j’imagine ce que je vais voir. Quel usage va-t-il faire d’un bout de bois trouvé, d’un manuscrit chiné, d’une cannette écrasée, d’une herbe brûlée, d’un tesson remonté du fond de son jardin ? Je m’imagine déjà dans l’atelier. Je vois -presque- déjà les nouvelles œuvres.

Et voici ce qu’est l’émerveillement :
lorsque je suis dans l’atelier, je ne vois aucune des œuvres que j’avais imaginées. Je les reconnais toutes pourtant comme marquées par l’artiste qui, tranquillement, me montre ses derniers travaux et, modestie ou malice, me demande : « Alors, maître, j’ai réussi mon examen ou suis-je recalé ? »
Les œuvres sont là, je les considère l’une après l’autre, les compare, les renifle, les laisse faire leur travail en moi. Elles ont toutes le même effet sur moi : elles sont inattendues. Elles sont évidentes.
Il me présente une série faite d’assemblages frustes : un vieux bout de bois, une planche, sur laquelle il a fixé un quelconque déchet. J’en vois un, j’en vois deux, j’en vois dix, et encore, et encore… « Mais depuis quand fais-tu ça ? » « Depuis le début de l’année ». Quatre mois. À 90 ans. L’âge ne fait rien à l’affaire, d’accord. Mais comment ? Comment ? Comment fais-tu, Leonardo ?
Tous les éléments y sont. La même radicalité ? Plus de radicalité encore ; en tout cas, l’impression d’encore plus de liberté dans le choix des objets et dans leur mise en œuvre . Aucune fioriture. Aucune séduction. Pourtant chaque assemblage est « parlant ». Dynamique. On sent bien qu’il y a, dans chacun, une science de la composition. Et dans chacun pourtant, le dépassement de cette science. La planche prend sens du déchet qu’elle porte, et lui donne sens. Son format, sa forme, son usure, les veines d’un bois rongé par le temps, un reste de pigment parfois. Le déchet prend sens de la planche qui le porte, et lui donne sens. Le souvenir de ce qu’il fut. Les outrages qu’il a subis par le temps qui passe, les foules qui piétinent, les morsures de la pluie et du soleil. J’essaie d’imaginer un autre assemblage. Ça ne marche pas. J’essaie de placer le déchet ailleurs ou autrement sur son support. Ça ne marche pas. Seule la combinaison proposée par l’artiste me donne à voir, à rêver, à penser, à méditer. Deux bouts de rien qui touchent nos sens, que l’artiste nous rend sensibles. Une œuvre. Pauvre.

Nous discutons. Leonardo parle peu. Il dit comment. Il dit quand. Il parle peu, mais répond volontiers ; ne cache rien. Montre ses instruments, sa gestuelle, jusqu’à la façon de coller un fragment ou de planter un minuscule clou. Rappelle des anecdotes. Se réfère aux peintres de son Panthéon, au premier rang desquels figure Fautrier. Devant les œuvres (a-t-il prononcé une fois seulement le mot « œuvre » ?) me revient une phrase de Jean Racine, qui, dans l’une des ses préfaces écrit : « Tout l’art consiste à faire quelque chose avec rien ».
« Et ces expérimentations-ci, qu’est-ce que tu en penses ? » Il tire d’une pile de dossiers un carton ventru. Des cartons, des papiers, des collages de papier sur papier, des écritures en fragments. Toute une série de recherches. À nouveau, je vois bien ce qui les relie aux travaux de l’an dernier. À nouveau, je ne m’attendais pas à voir ça, comme ça. À nouveau je suis surpris. À nouveau, d’un coup, ça m’est évident : oui. C’est bien ça qu’il fallait faire.
Une archéologie non seulement de l’objet mais du document. Le sauvetage des humbles écrits dispersés. Ils n’avaient plus d’intérêt pour personne. Ne constituaient aucun héritage. Ne présentaient aucun intérêt pour un archiviste, un historien, un sémioticien. A fortiori pour un amateur d’art. À nouveau le regard s’emballe. La pensée s’échauffe. L’émotion gagne.
« Et ça date de quand, tout ça ? » (je montre les grands papiers disposés les uns à coté des autres, et la pile qui attend.) « En même temps » répond-il. Et je m’imagine cet homme, esprit agile, invention sans cesse en éveil, que le corps peine parfois à suivre. Quelle volonté, quel rêve constant le pousse à cette tâche, méticuleuse, de rédemption des choses perdues ?
Je me dis : « Voilà bien une machine sacrément huilée. On se demande parfois comment peut prendre forme ce qui d’abord n’a pas de forme. Leonardo rend forme et usage à ce qui a perdu forme et usage. Rend sens au document qui a perdu sens. S’en va chercher comme une origine du sens dans le sens perdu. Va faire signe de ce qui n’était plus que vague trace. Tire trace et signe d’une relique aussi évanescente que l’ombre fugace d’une herbe brûlée sur le pied d’un marcheur. Mort et origine à la fois. »

La conscience de Leonardo Rosa est d’abord écologique. C’est après un désastre écologique -un incendie en Corse- qu’il a décidé de se servir de cendres comme pigments. Une façon, peut-être, de relire le mythe du Phénix.
La conscience de Leonardo Rosa est archéologique. Une « archéologie du quotidien » a-t-il précisé voici quelques années. Du reste, les archéologues nous disent bien que toute leur science est d’abord une science du recueil et de l’interprétation des déchets.
La conscience de Leonardo Rosa est esthétique. Entendez ce mot au delà de son sens habituel. Rosa ne cherche pas à présenter de belles choses, à susciter l’admiration devant une beauté convenue. Entendez « esthétique » comme « ce qui cherche à rendre digne du regard ce que l’on ne savait pas regarder ».
La conscience de Leonardo Rosa est d’un tragique plein d’espérance. Tout va à sa perte. L’art peut-il sauver quelque chose ? L’art peut sauver des riens.
Nous aussi, ces riens ?

Un message, un commentaire ?

Forum sur abonnement

Pour participer à ce forum, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d’indiquer ci-dessous l’identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n’êtes pas enregistré, vous devez vous inscrire.

Suivre la vie du site RSS 2.0 | Plan du site | Espace privé | SPIP