BRIBES EN LIGNE
huit c’est encore à quand il voit s’ouvrir, elle a trente ans ou lancinant ô lancinant un texte que j’ai lien vers la video sur la merle noir  pour aller à la liste des auteurs sauvage et fuyant comme naviguer dans le bazar de rafale n° 5 un lien vers la totalité des l’eau froide de l’anse présentation du projet et revue cliquer sur l’icône travail de tissage, dans cliquer sur le titre pour 2021 des esprits flottants toutes ces pages de nos       le       le quand c’est le vent qui la musique est le parfum de a propos de quatre oeuvres de vers le sommaire des sommaire ► page suivante       en       pass&eac le numéro exceptionnel de sommaire ► page suivante antoine simon 7 l’envers de vers le sommaire des recueils i mes doigts se sont ouverts vers le sommaire du livre 2 aller à la bribe i au à "l’art est-il 1 2 3&nbs 1 2 3&nbs 1 2 3&nbs  les trois ensembles le chêne de dodonne (i) le glacis de la mort effeuillage d’une feuille 1 2 3&nbs il n’est pire enfer que  hors du corps pas charogne sur le seuil ce qui       assis là-bas, dans le pays des photos de frédéric pour le prochain basilic, (la page suivante ► page vers le sommaire des 1 2 3&nbs aller au portail de       sur le aller à la bribe suivante accoucher baragouiner 1 2 3&nbs aller à l’article guetter cette chose       les     chambre patrick joquel vient de cher.e.s ami.e.s vous pouvez il n’y a pas de plus toute une faune timide veille tout mon petit univers en on préparait les étourneaux !       au soir 1 2 3&nbs tous ces charlatans qui je serai toujours attentif à envoi du bulletin de bribes madame dans l’ombre des antoine simon vers le sommaire du livre 2 voici les ajouts et carissimo ulisse, torna a 1 2 3&nbs viallat © abÉcÉdaire les mot du 1 2 3&nbs ce texte sert de préface à 1 2 3&nbs on dit qu’en des temps aller à la bribe suivante vers le sommaire du livre 2 couleur qui ne masque pas intendo... intendo !   saint paul trois 1 2 3&nbs vers le sommaire du livre 2 ce mot comme à la hâte toujours les lettres : inoubliables, les 1 2 3&nbs 1 2 3&nbs quelques autres dieu faisait silence, mais vertige. une distance (dans mon ventre pousse une page précédente le café vers le sommaire du livre 4 textes mis en ligne en peinture de rimes. le texte page suivante ► page       le long aller à « À qui d’entre nous je suis celle qui trompe       grimpant lire la suite : 8 si tu es étudiant en pour jean-louis cantin 1.- il arriva que chercher une sorte de c’est une sorte de     oued coulant 1 2 1 2 3&nbs thème principal :       à     extraire elle dit "le monde vers le sommaire du livre 3     longtemps sur a) les villes abandonnées il antoine simon 6 aller à la liste des auteurs       baie   se lors de la fête du livre retour au pdf sui generis textes mis en ligne en effrayante humilité de ces cliquer sur l’icône c’est ici, me 1 2 3 textes mis en ligne en     le cygne sur ► question de temps à ma mémoire ne peut me cet article est paru dans le       force pour jean marie textes mis en ligne en avril textes mis en ligne en mars dorothée vint au monde       aux l’illusion d’une 1 2 1 – il naviguer dans le bazar de 1 2 voici madame des forêts de antoine simon janvier 2026, en pleine présentation du projet page suivante ► page article paru dans journée de       j’ page suivante ► voici donc aller à l’article marcel alocco a  marcel migozzi vient de s’ouvre la à la bonne vers le sommaire du livre 4 préparer le ciel i page d’accueil de je n’ai pas dit que le la gaucherie à vivre,       sur       reine  jésus traquer l’envers de tout le temps est là sièges lettre d’information mais non, mais non, tu l’annÉe 2022 mois par « non, peut-être le hasard... un ami m’a il pleut. j’ai vu la les articles mis en ligne en       à naviguer dans le bazar de aller à la bribe suivante a) le chemin de fer 1) la le pendu     sur la aller au portail de page suivante ► page   est-ce que tous feux éteints. des textes mis en ligne en mai bernard noël en de soie les draps, de soie vers le sommaire du livre 4 vers le sommaire du livre 4       mé rafale n° 4 on le sous l’occupation un survol de l’annÉe chers élèves du collège photo charles chaboud, vers le sommaire des recueils   pour théa et ses les plus vieilles pour accéder à la totalité ceci… pour prendre mesure. c’est le grand elle dit la main qui fut le vers le sommaire du livre 2 madame 1 madame est la vers le sommaire du livre 2  tu ne renonceras pas. autre essai d’un 1 2 3&nbs aller au sommaire des aller à la bribe suivante se placer sous le signe de   tout est toujours en aller à la liste des dans un clignement de aller à l’article 1 2 3&nbs vers le sommaire des recueils       vu les les cuivres de la symphonie textes mis en ligne en (pour la petite histoire, je textes mis en ligne en percey priest lake sur les page d’accueil de antoine simon sophie calle à beaubourg... vers le sommaire du livre 4 c’est seulement au la fonction, ► À la mémoire de je déambule et suis bribes en ligne a cliquetis obscène des pour accéder au contenu du aller à la bribe suivante vous êtes il en est des meurtrières. on dit qu’agathe aller à la bribe suivante le ciel est clair au travers sous ce titre inspiré de la 1 2 3&nbs 1 2 ce n’est 1 2 3&nbs 1 2 3&nbs 1 2 3&nbs       l’ arrive à mes lèvres une rafale n° 7 un mi viene in mente mi bruits de langues. en rester     faisant la aux barrières des octrois       à     " page suivante page vers le sommaire du livre 3       l’ vers le sommaire du livre 2 ouvrir le flipbook Écrire le madame, c’est notre se reprendre. creuser son 1 2 3&nbs vers le sommaire du livre 3 cet univers sans nice, le 8 octobre vers le sommaire du livre 3  monde rassemblé alain remila : un des 1 2 vers le sommaire des la liberté de l’être       textes mis en ligne en juin       la nouveautés et modifications j’ai donné, au mois « ces deux là       que de rare moment de bonheur, un titre : il infuse sa   on n’est violette cachée ton 1 2 3&nbs       quand antoine simon       midi générations prenez vos casseroles et 1 2 3&nbs lorsque la langue dérape, le       bien portail de l’espace       la pie vers le sommaire du livre 3 1 2 3 hans freibach : je rêve aux gorges d’ eurydice ou bien de vers le sommaire du livre 3 ouverture d’une       dans merci au printemps des le temps passe dans la page précédente longue tout est possible pour qui pour philippe nouvelles mises en antoine simon 9 aller à l’article du maurithuis par 1 2 30       sur le       à exode, 16, 1-5 toute     &nbs   je n’ai jamais et c’était dans 1 2 3 ensevelie de silence,   la baie des anges macao grise 1 2 3&nbs clquez sur       est-ce     après des quatre archanges que il y a deux villes à textes mis en ligne en août       s’ écrire comme on se le grand combat : 1 2 3&nbs page d’accueil de « le petit dauphin grande digue est dispersée sauras-tu lui répondre les éditions colophonarte que d’heures À hélène 1 2 3&nbs À perte de vue, la houle des des voix percent, racontent 1 2 3&nbs « la musique, ... ainsi s’élevait page précédente ► page madame a des odeurs sauvages À la loupe, il observa       la aller au texte de michel       la 1 2 3&nbs antoine simon aller à la liste des auteurs au commencement était hommage à rené magritte       dans la page suivante ► page dans l’effilé de       la       soleil       pav&eacu est-ce parce que, petit, on 1 2 3&nbs 1 2 3&nbs les céramiques et marie antoinette 1 2 l’appel tonitruant du       un page suivante ► page       et today i eat my page suivante ► page 1 2 3&nbs dans le pain brisé son rafale il semble possible dans ce périlleux trois (mon souffle au matin la parol

Accueil > Les rossignols du crocheteur > ROSA Leonardo > Trois fois rien

RAPHAËL MONTICELLI

Trois fois rien
Publication en ligne : 21 novembre 2020
Artiste(s) : Rosa L.

À ce que raconte le texte ci-dessous, j’ajoute ceci :
Leonardo m’avait conduit dans son atelier pour voir ses derniers « experiments ». S’ensuivit une discussion au terme de laquelle il me dit : « Tu pourrais mettre par écrit tout ce que tu m’as dit ? »
Je ne suis pas capable de faire une chose pareille. Ce texte n’est pas « ce que j’ai dit », mais ça en est à coup sûr un écho.


Je me souviens qu’à propos de Radiguet, à qui l’ont doit « Le Diable au corps » alors qu’il n’avait que 17 ans, Cocteau disait que l’âge ne faisait rien à l’affaire. Nous sommes admiratifs de la précocité d’un Rimbaud, d’un Radiguet, d’un Mozart, de la fulgurance d’un Klein… Je ne le suis pas moins du Monet des derniers Nymphéas, ou de Picasso qui, à plus de 90 ans, faisait passer sur la moindre toile des œuvres d’une force, d’une fraîcheur et d’une violence toute juvéniles. Et, abasourdi devant les ses dernières toiles, exposées voici quelques années au Centre Pompidou, je me demandais -je me demande toujours- « Comment ? Comment ? Comment fais-tu, Pablo ? »… Cocteau ajoutait que la jeunesse est une acquisition de l’âge mûr.

Je rends visite à Leonardo Rosa une ou deux fois par an depuis qu’il a fêté ses 80 ans… Depuis une dizaine d’années, donc. Et j’attends, lors de chaque visite, ce moment de la journée où il me dit « Dimmi… vuoi venire in studio ? ». Ce moment où je vais découvrir ses derniers travaux.
Il en va de Leonardo comme de tous mes amis peintres : quand je suis sur le chemin de leur atelier, je me pose quantité de questions : qu’ont-ils fait depuis ma dernière visite ? Comment leur recherche a-t-elle évolué ? Quelles nouvelles formes vont-ils me présenter ?
Je connais le travail de Leonardo, ses lignes de fond, ses problèmes, ses recherches, ses techniques, ses scrupules esthétiques, son éthique. Je le situe dans cette grande tradition née au début du XXe siècle, qui fait œuvre avec des matériaux de récupération, des déchets, depuis que Braque et Picasso ont intégré sur la toile, des bouts de journaux, des cannages de chaise, ou des tickets de métro.
Un art fait de riens, un art pauvre, pourrait-on dire.
Et l’Italie de la fin des années 60 voit apparaître un ensemble d’artistes qui en feront l’essentiel de leur esthétique : « Arte povera » dit-on.
Je ne fais que mentionner ces artistes qui du grand Pennone à Gilberto Zorio vont illustrer cette esthétique avec, parfois, un luxe de moyens paradoxal.
Quand j’ai rencontré Leonardo Rosa, qui n’a jamais fait partie de ce groupe, j’ai découvert un artiste qui se servait de papiers d’emballage usagés en guise de supports, de cendres comme pigments, de pinceaux de récupération, et de pauvres liants. Je me suis dit : « S’il est un artiste pauvre, le voici. Ici la pauvreté n’est pas prétexte à œuvre. La pauvreté est la nature même de l’œuvre ».
Leonardo Rosa n’exalte pas le déchet, ne le glorifie pas, ne l’interprète pas, ne s’en sert pas comme un élément plastique parmi d’autre. Leonardo Rosa regarde le déchet. En fait un objet d’attention. Trouve en lui une beauté qu’on ne savait pas y voir.
Et, tout en cheminant vers l’atelier, je me dis : « Et aujourd’hui, que va-t-il encore m’apprendre à regarder ? »
Connaissant le travail, la démarche, les œuvres, j’imagine ce que je vais voir. Quel usage va-t-il faire d’un bout de bois trouvé, d’un manuscrit chiné, d’une cannette écrasée, d’une herbe brûlée, d’un tesson remonté du fond de son jardin ? Je m’imagine déjà dans l’atelier. Je vois -presque- déjà les nouvelles œuvres.

Et voici ce qu’est l’émerveillement :
lorsque je suis dans l’atelier, je ne vois aucune des œuvres que j’avais imaginées. Je les reconnais toutes pourtant comme marquées par l’artiste qui, tranquillement, me montre ses derniers travaux et, modestie ou malice, me demande : « Alors, maître, j’ai réussi mon examen ou suis-je recalé ? »
Les œuvres sont là, je les considère l’une après l’autre, les compare, les renifle, les laisse faire leur travail en moi. Elles ont toutes le même effet sur moi : elles sont inattendues. Elles sont évidentes.
Il me présente une série faite d’assemblages frustes : un vieux bout de bois, une planche, sur laquelle il a fixé un quelconque déchet. J’en vois un, j’en vois deux, j’en vois dix, et encore, et encore… « Mais depuis quand fais-tu ça ? » « Depuis le début de l’année ». Quatre mois. À 90 ans. L’âge ne fait rien à l’affaire, d’accord. Mais comment ? Comment ? Comment fais-tu, Leonardo ?
Tous les éléments y sont. La même radicalité ? Plus de radicalité encore ; en tout cas, l’impression d’encore plus de liberté dans le choix des objets et dans leur mise en œuvre . Aucune fioriture. Aucune séduction. Pourtant chaque assemblage est « parlant ». Dynamique. On sent bien qu’il y a, dans chacun, une science de la composition. Et dans chacun pourtant, le dépassement de cette science. La planche prend sens du déchet qu’elle porte, et lui donne sens. Son format, sa forme, son usure, les veines d’un bois rongé par le temps, un reste de pigment parfois. Le déchet prend sens de la planche qui le porte, et lui donne sens. Le souvenir de ce qu’il fut. Les outrages qu’il a subis par le temps qui passe, les foules qui piétinent, les morsures de la pluie et du soleil. J’essaie d’imaginer un autre assemblage. Ça ne marche pas. J’essaie de placer le déchet ailleurs ou autrement sur son support. Ça ne marche pas. Seule la combinaison proposée par l’artiste me donne à voir, à rêver, à penser, à méditer. Deux bouts de rien qui touchent nos sens, que l’artiste nous rend sensibles. Une œuvre. Pauvre.

Nous discutons. Leonardo parle peu. Il dit comment. Il dit quand. Il parle peu, mais répond volontiers ; ne cache rien. Montre ses instruments, sa gestuelle, jusqu’à la façon de coller un fragment ou de planter un minuscule clou. Rappelle des anecdotes. Se réfère aux peintres de son Panthéon, au premier rang desquels figure Fautrier. Devant les œuvres (a-t-il prononcé une fois seulement le mot « œuvre » ?) me revient une phrase de Jean Racine, qui, dans l’une des ses préfaces écrit : « Tout l’art consiste à faire quelque chose avec rien ».
« Et ces expérimentations-ci, qu’est-ce que tu en penses ? » Il tire d’une pile de dossiers un carton ventru. Des cartons, des papiers, des collages de papier sur papier, des écritures en fragments. Toute une série de recherches. À nouveau, je vois bien ce qui les relie aux travaux de l’an dernier. À nouveau, je ne m’attendais pas à voir ça, comme ça. À nouveau je suis surpris. À nouveau, d’un coup, ça m’est évident : oui. C’est bien ça qu’il fallait faire.
Une archéologie non seulement de l’objet mais du document. Le sauvetage des humbles écrits dispersés. Ils n’avaient plus d’intérêt pour personne. Ne constituaient aucun héritage. Ne présentaient aucun intérêt pour un archiviste, un historien, un sémioticien. A fortiori pour un amateur d’art. À nouveau le regard s’emballe. La pensée s’échauffe. L’émotion gagne.
« Et ça date de quand, tout ça ? » (je montre les grands papiers disposés les uns à coté des autres, et la pile qui attend.) « En même temps » répond-il. Et je m’imagine cet homme, esprit agile, invention sans cesse en éveil, que le corps peine parfois à suivre. Quelle volonté, quel rêve constant le pousse à cette tâche, méticuleuse, de rédemption des choses perdues ?
Je me dis : « Voilà bien une machine sacrément huilée. On se demande parfois comment peut prendre forme ce qui d’abord n’a pas de forme. Leonardo rend forme et usage à ce qui a perdu forme et usage. Rend sens au document qui a perdu sens. S’en va chercher comme une origine du sens dans le sens perdu. Va faire signe de ce qui n’était plus que vague trace. Tire trace et signe d’une relique aussi évanescente que l’ombre fugace d’une herbe brûlée sur le pied d’un marcheur. Mort et origine à la fois. »

La conscience de Leonardo Rosa est d’abord écologique. C’est après un désastre écologique -un incendie en Corse- qu’il a décidé de se servir de cendres comme pigments. Une façon, peut-être, de relire le mythe du Phénix.
La conscience de Leonardo Rosa est archéologique. Une « archéologie du quotidien » a-t-il précisé voici quelques années. Du reste, les archéologues nous disent bien que toute leur science est d’abord une science du recueil et de l’interprétation des déchets.
La conscience de Leonardo Rosa est esthétique. Entendez ce mot au delà de son sens habituel. Rosa ne cherche pas à présenter de belles choses, à susciter l’admiration devant une beauté convenue. Entendez « esthétique » comme « ce qui cherche à rendre digne du regard ce que l’on ne savait pas regarder ».
La conscience de Leonardo Rosa est d’un tragique plein d’espérance. Tout va à sa perte. L’art peut-il sauver quelque chose ? L’art peut sauver des riens.
Nous aussi, ces riens ?

Un message, un commentaire ?

Forum sur abonnement

Pour participer à ce forum, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d’indiquer ci-dessous l’identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n’êtes pas enregistré, vous devez vous inscrire.

Suivre la vie du site RSS 2.0 | Plan du site | Espace privé | SPIP