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RAPHAËL MONTICELLI
En 2025 l’Archipel Butor présente une exposition à propos de Bernard Alligand : « Islande et livres d’artiste ». La revue Colophon me demande alors un article sur ce travail. J’ai repris et modifié l’article que j’avais écrit pour l’exposition d’Alligand à la Bibliothèque Nucera de Nice. Voici donc la version « Colophon » du texte « Nucera »
Les voyages en terre d’Islande
Pour atteindre l’objectif de rendre ce que l’on a vu, pour partager une vision, des impressions, des émotions, on dispose, en bref, de deux postures principales : aller sur le motif pour en rapporter des vues ; intervenir directement sur le territoire et en le modifiant. Si Bernard Alligand partage l’objectif, sa démarche est notablement différente de ces deux propositions. Je la qualifierais volontiers de « déménagement de territoire ».
Voici l’Islande. Monde volcanique. Ciel bas, presque à portée de main. Lunes mouillées, miraculeuses. Eau partout présente. Roches aux multiples nuances de gris, de brun, de rouge. L’artiste est en Islande et, d’Islande, il rapporte - non seulement une multitude de souvenirs et d’impressions, d’images, d’atmosphères et de sensations- mais des objets. Peu d’objets manufacturés, peu d’objets usinés. Mais des graviers, des pierres, des roches, des laves. Objets bruts, objets de nature, objets de sol, et… du sable.
Parlons du sable. Je devrais dire « des » sables. Dans son atelier, Alligand réserve une place aux boites en fer blanc dans lesquelles ces sables sont classés, comme on le fait des pigments.
J’ai dit « sables », je dois nuancer : « roches » et « laves ». Détail déterminant dans la démarche de Bernard Alligand.
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