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ALAIN FREIXE
Ce texte est paru en 2020 aux éditions de la Diane française. Il est enrichi d’œuvres originales de Fernanda Fedi sur le thème de la musique.
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La musique est peu de chose finalement, elle est comme l’ange qui est à Reims, elle sourit seulement. Elle ne saurait s’imposer à personne, seulement s’offrir, nue, dans le silence d’où elle vient, qui l’entoure et la protège.
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La musique que j’entends est le chemin sur lequel peut s’abattre ou lever le silence, ce « désir des choses inexistantes » disait Gabriel Fauré. Il y a donc la marche, l’audition puis le moment de l’expérience, celui où le silence nous touche et ce silence n’est pas absence de bruit. Là est l’accomplissement, la musique s’efface alors sa tâche faite. C’est une musique nue, une musique tue qui fait parler le silence.
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Ce silence que l’on entend, cette « musica callada », cette musique tue / silencieuse c’est lui qui résonne dans notre « sonora soledad », cette solitude sonore de notre âme enfin renoué. On me pardonnera d’avoir emprunté ici deux vers au Cantique Spirituel, le poème de Saint Jean de la Croix.
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Rien ne me paraît plus approprié que l’emploi de cet oxymore – musica callada – pour dire ce silence de la musique quand la musique est toute la musique et rendre compte du fait qu’il s’illumine dans ce mouvement en direction de cette âme que Mallarmé définissait comme un « nœud rythmique ».
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