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ALAIN FREIXE
Ce texte est paru en 2020 aux éditions de la Diane française. Il est enrichi d’œuvres originales de Fernanda Fedi sur le thème de la musique.
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A un certain moment, on se trouve devant un signe qui nous en dit plus que l’on est capable d’en comprendre, d’en entendre. On sent bien que c’est une invite à suivre mais on est encore en arrêt comme si le chemin indiqué n’était pas encore ouvert.
Le privilège, le pouvoir de la musique c’est de créer chez l’auditeur les qualités nécessaires pour entendre. Ce qui suppose de briser quelques barrières, d’instaurer l’âme après son éveil comme chambre d’écoute.
18-
Il y a des forces rebelles dans la musique. Elles ne vont pas dans le jour, elle se retire dans la nuit où l’âme des hommes est en dormance.
L’âme ne s’éveille que brisée. La musique éveille l’âme parce qu’elle nous déchire, nous arrache aux choses qui sont dans l’espace et le temps où elles reposent, posées là, figées et ternes. Alors s’ouvre le vide où elles viennent dans la lumière de l’apparaître pour devenir.
19-
Plus qu’ailleurs peut-être, dans la musique, la beauté est l’effet d’un passage. Et renouée alors l’âme naît là. Quelque chose s’est passé. Quelque chose qui toujours manque. Quelque chose qui pourtant s’est inscrit non dans le manque mais dans son passage. Quelque chose qui reste là. Suspendu. Flottant.
20-
Il n’y a pas plusieurs musiques. L’une que l’on dit « grande » ; l’autre, populaire, ramenée à quelques notes, un air… Il n’y a qu’une musique. Celle qui n’a besoin que d’un fredon pour nous soulever, nous arracher à nous-mêmes.
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