Accueil > Les rossignols du crocheteur > CHARVOLEN, Max > 2017 - Vagabondages à travers les territoires « Charvolen »
RAPHAËL MONTICELLI
Texte du catalogue accompagnant l’exposition à Chalon sur Saône
MON HISTOIRE COMMENCE…
… il y a une cinquantaine d’années. Au centre de cette histoire, il y a l’œuvre de Max Charvolen. Ça parlera de frontières, de limites, de bords et de représentation. De voyages, donc, et de déplacements. Je ne sais pas encore si ce sera une de ces histoires qu’on se racontait le soir, dans les veillées campagnardes de mon enfance, autour de la cheminée, mais j’aimerais bien qu’elle y ressemble…
J’ai connu beaucoup de peintres dans ma vie. Des peintres anciens, morts depuis longtemps. Des peintres vivants, nos contemporains.
Tout jeune, il y a cinquante ans, donc, j’ai fait la connaissance de tout un ensemble de peintres qui habitaient dans ma région, la région de Nice. Parmi ceux-là, il y avait… Et il n’y avait pas… Max Charvolen.
Il y avait Charvolen, parce que je connaissais son nom et que les autres m’en parlaient, et que je voyais des photos de ce qu’il faisait. Il n’y avait pas, parce que Charvolen était parti de Nice, Vers Marseille. Et plus loin que Marseille, à Rio. À Rio, figurez-vous… Au Brésil. « Mais il est allé faire quoi, Charvolen au Brésil, il est dans une école d’art ? »
Si Charvolen est parti au Brésil, c’est pour faire son stage d’architecte chez un architecte qu’il admirait : Oscar Niemeyer, le créateur de Brasilia, l’un des grands du XXe siècle. Il y est allé sans s’annoncer, sans recommandation, sans autre projet que travailler dans l’agence d’une légende de l’architecture. Il y est allé, s’est présenté, a rencontré Niemeyer. Et Charvolen est devenu le stagiaire de Niemeyer.
Voilà comment j’ai connu, le travail, l’existence et le caractère de Charvolen… Ah, autre chose : Max et Oscar sont devenus des amis pour la vie. Cette fidélité aussi fait partie de mon histoire.
Charvolen est l’homme des déplacements, des voyages. Et quand je regarde une de ses œuvres, il est rare que des idées de voyage, des images de bateaux et d’océan, ne me viennent en tête. Longtemps j’ai cru que c’est parce que je connaissais l’homme, sa vie, sa traversée vers Rio, les récits de ses déplacements dans l’immense Brésil. Son père, charpentier de marine. Lui même employé comme mousse sur des bateaux de plaisance. Oui, longtemps j’ai cru que ce que je savais de la vie de Charvolen donnait une forme particulière aux images que je me faisais de son travail d’artiste.
J’ai cru ça jusqu’au jour où…
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