Accueil > Les rossignols du crocheteur > CHARVOLEN, Max > 2017 - Vagabondages à travers les territoires « Charvolen »
RAPHAËL MONTICELLI
Texte du catalogue accompagnant l’exposition à Chalon sur Saône
MON HISTOIRE EST PLEINE D’HISTOIRES…
C’était un peu comme ça, les veillées de mon enfance…
Je vous disais donc qu’un jour… un jour j’ai montré pour la première fois des œuvres de Charvolen à des étudiants en art. Il y en avait une, en particulier, qui avait été faite sur la façade d’un immeuble napolitain. Je laissais les étudiants réagir, dire ce qu’ils voyaient, ressentaient, pensaient… Et voilà que les uns se mettent à parler de bateaux, d’autres de barques antiques, de voiles, d’océans. De voyages, de déplacements… Et il m’est régulièrement arrivé d’entendre des étudiants, des stagiaires, des visiteurs, des amis, parler de voyages en regardant les œuvres de Charvolen.
Le voyage et le déplacement sont donc peut-être portés par l’œuvre, et pas seulement par ce que je sais de l’homme… Ce qui est sûr, c’est que, sans déplacements, sans voyages, Charvolen ne pourrait pas faire son travail d’artiste. Charvolen est un artiste du voyage -comme on parle des « gens » du voyage- L’artiste Charvolen est un nomade. Je vais vous dire pourquoi.
Charvolen ne travaille pas dans son atelier. Ce qu’il nomme « atelier » est un lieu de stockage. Parfois de présentation. Charvolen travaille sur les lieux qu’il représente. L’intérieur d’une maison, un escalier, un perron. L’extérieur d’un bâtiment, une façade, des bouts de trottoir dans une ville, une ruine antique… J’ai toujours vu chez Charvolen des similitudes avec ces artistes qui « vont sur le motif ». De ces artistes voyageurs qui « croquaient » les paysages et les gens à l’époque où la photo n’existait pas. Où de ces artistes du XIXe siècles qui, grâce à l’invention du tube de peinture - et au développement des moyens de transport- sont allés peindre dehors « d’après nature ». Mais tous devaient, à un moment ou à un autre, revenir à l’atelier pour peindre ou terminer le tableau, ou tirer la photo.
Max Charvolen se rend dans le lieu sur lequel il travaille. Il y transporte ses outils, sa toile, ses couleurs. Pendant tout le temps que dure le travail sur le lieu, celui ci devient son atelier. Le travail achevé, il change d’atelier. J’ai trouvé que la formule « atelier nomade » que j’ai trouvée dans un livre de Luisella Caretta, s’appliquait particulièrement à Charvolen.
L’artiste se déplace. L’atelier se déplace. Les lieux de déplacent. Ce que montre ce livre ce sont les reliques de ces déplacements. Ce que montrent les expositions de Max Charvolen ce sont les reliques des lieux où il est intervenu, les reliques de ses ateliers, Avignon, Vallauris, Carros, Colmar, Le Cannet, Ingeon…
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