Accueil > Les rossignols du crocheteur > PAGÈS Bernard > 2007 Bernard Pagès, le magnifique
RAPHAËL MONTICELLI
Ce texte rend compte d’une exposition de Bernard Pagès en 2007. Il est composé à partir de fragments librement revus et corrigés d’une conférence donnée au musée Puech - Rodez.
LA PERIODE DES EXPANSIONS
En 1974, Pagès maîtrise la pratique de l’assemblage, il sait désormais aussi les problèmes techniques et esthétiques que l’assemblage pose. Il commence alors à déployer dans l’espace ses matériaux assemblés, et parce qu’il va les déployer, il va leur donner du volume, et parce qu’il va leur donner toujours plus de volume, les confronter toujours plus à l’espace, leur donner de plus en plus de respiration, il va devoir varier les matériaux et les modes d’assemblage… Dans le catalogue du MAMAC, Jean-Marc Aubert revient, autrement, sur cette question du changement d’échelle dans l’œuvre de Pagès [3].
Les bouts de bois sont désormais des souches d’olivier, des troncs de chêne, des poutres, le chevillage, le rivetage, le clouage, suivent le grossissement des dimensions ; bientôt, c’est le mortier et le béton qui va permettre d’associer les éléments. Ces matériaux sont eux-mêmes des assemblages, des agglomérats… En même temps, Bernard Pagès se pose le problème de l’unité qui doit apparaître des assemblages. C’est en ce sens que, avant l’assemblage, interviennent des éléments unificateurs, c’est par exemple le cas de l’emploi de la couleur ; et une fois les matériaux assemblés, l’artiste ne considère pas l’œuvre comme achevée : elle est, en effet, bien souvent comme une pièce brute que l’artiste va retoucher en… sculptant, en modifiant la forme obtenue. Au fur et à mesure que les parties en béton se développent et que les œuvres continuent encore à grossir, s’impose la nécessité de placer des ferrures, d’armer le béton, puis de traiter de façon particulière ces fers à béton qui dépassent, débordent, excroissances qui vont donner lieu à une liberté formelle nouvelle, jusqu’à l’échevellement, jusqu’à de réjouissantes monstruosités, polypodes à la course indéfiniment suspendue…
[3] Jean-Marc Aubert, Vrai, op. cit.
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