Accueil > Les rossignols du crocheteur > HÉLÉNON Serge > Serge Hélénon : seuils, portes et passages
RAPHAËL MONTICELLI
Communication faite le 21 Mars 2012, à l’auditorium de Villefranche sur mer (06) à l’occasion de l’exposition des oeuvres de Serge Hélénon
Petit à petit, il me semble que nous approchons vraiment de l’originalité du travail d’Hélénon, de ce qu’il nous apporte et de ce qu’il nous apprend. Il donne un sens particulier au fragment, au bout d’objet, à l’assemblage, au processus de l’art... Mieux : il donne du sens à des pratiques que nous vivons parfois comme élitistes, coupées de la vie quotidienne... Voyons ça.
Butor écrit quelque part que les objets sont « les os du temps »... En réfléchissant au travail d’Hélénon, je me disais... Non, ça ne va pas « os du temps », ici... Ici, les objets sont la « chair du temps »...
Nous sommes partis du collage, puis de l’assemblage, nous avons parlé du fragment, de la récupération... Nous avons vu quelle place particulière le travail d’Hélénon occupe dans l’art contemporain tel que nous le voyons depuis l’Europe... Et voici que nous nous trouvons dans l’obligation de réorienter notre vision... Parce que dans l’espace caribéen, singulièrement pendant les années de formation de Serge Hélénon (an tan wobé, du temps du régime vichyste), le mot « récupérer » n’a pas du tout le même sens que dans l’espace européen dans les années 50-70... Récupérer, à la Martinique, c’est survivre et bâtir... Et bâtir avec des objets récupérés, c’est construire des bidonvilles... « expression bidonville » donc.
Laissons cette question pour une future et entière communication... Ouvrons quelques pistes cependant, en nous servant de ce que d’autres en ont dit...
Pour participer à ce forum, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d’indiquer ci-dessous l’identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n’êtes pas enregistré, vous devez vous inscrire.