Accueil > Les rossignols du crocheteur > ALOCCO, Marcel > 2000 - Alocco, sémaphore inspiré
RAPHAËL MONTICELLI
Ce texte est la préface du Cahier Alocco, monographie que les éditions de l’Amourier ont consacrée à l’artiste à l’occasion de son exposition à la médiathèque de Contes (06)
II Marcel Alocco
Parmi les démarches qui ont questionné cette relation entre peinture et écriture, celle de Marcel Alocco se distingue d’abord par le fait que, d’abord écrivain et poète, dans le début des années ’60, il s’est très vite défini pleinement comme peintre : bien qu’il n’ait jamais cessé ses activités d’écriture (poétique, narrative et critique), c’est comme peintre qu’il apparaît d’abord dès le milieu des années soixante. Ce renversement, s’il n’est pas unique, est assez rare par sa radicalité.
La démarche de Marcel Alocco se distingue ensuite par le fait qu’elle importe dans la peinture, les problèmes qu’il se posait dans l’écriture, ou, au moins, que d’une certaine façon, ce sont les mêmes problèmes qu’il se pose, dans le domaine et par les moyens de littérature d’abord, par ceux de la peinture ensuite. En schématisant beaucoup, on pourrait dire que Marcel Alocco se pose dans les deux cas les problèmes suivants : comment un objet littéraire ou artistique fait-il sens ? quelle relation existe-t-il entre l’objet et les moyens qui le permettent et en quoi les moyens affectent-ils le sens ? à partir de quel moment un objet devient-il littéraire ou artistique ?
La réflexion de Marcel Alocco se distingue aussi par le fait qu’elle pose les problèmes artistiques dans le cadre plus général des relations entre langage et image, entre capacité à parler et capacité à figurer, à représenter et à se représenter : les questions du sens, de la relation des objets aux moyens, et de la spécificité des objets et des pratiques ne sont pas d’abord des questions d’artistes et écrivains, mais les questions de tout un chacun.
Entre 1964 et 1974, l’écrivain s’installe donc comme peintre. Un peintre remarquable parce qu’il aborde la peinture comme l’un des espaces possibles du sens, dans ses relations avec la langue. A partir de 1974, il sera le peintre des « Fragments du Patchwork » : les images qu’il interroge et transforme, ce sont toutes les images de notre culture visuelle, celle qui nous parlent avec la plus apparente immédiateté.
On voit que nous sommes bien là dans une oeuvre entièrement traversée par ce problème majeur du XX° siècle : la relation entre écrire et peindre.
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