Accueil > Les rossignols du crocheteur > ALOCCO, Marcel > 2000 - Imparfait dans le texte
RAPHAËL MONTICELLI
Dans le Cahier Alocco publié par les éditions de l’Amourier, cet entretien fait suite à la présentation générale Alocco, sémaphore inspiré.
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Raphaël Monticelli : Délimitons d’abord la période qui nous occupe dans cet entretien : celle qui va de 1964 à 1974. En 1964, tu as 27 ans et tu diriges depuis 2 ans déjà la revue Identités. Peux-tu m’en dire davantage là dessus ?
Marcel Alocco : Identités est d’abord une revue littéraire. Elle va suivre mes préoccupations, s’ouvrir aux mouvements que je rencontre : Fluxus, Poésie sonore et spatiale, Lettrisme, Nouveau-Réalisme, et avec Open, qui lui succède en 1967, à tout ce qui compose ce mélange fécond qui fait l’Ecole de Nice dans sa diversité... Depuis 1958, comme quelques jeunes gens qui ne s’intéressaient pourtant pas à ses disques d’occasion, je fréquentais la boutique de Ben. C’est là que j’ai rencontré beaucoup de ceux qui s’activaient dans le théâtre, l’écriture, les arts plastiques. J’ai longuement commenté ce moment, particulièrement bouillonnant à partir des premières années ’60, dans l’introduction à la publication fac-similé des 14 numéros d’Identités par les Editions de l’Ormaie, en 1998. Je donne pour début de l’oeuvre 1964, arbitrairement, pour des questions de visibilité. Sauf quelques productions littéraires, ce que j’ai produit avant n’avait pas d’autre intérêt que de formation. Avant j’étais partagé entre Aix-en-Provence et Nice, puis militaire... Je quittais Nice, en fin de permission, le jour où s’ouvrait, en 1963, la première manifestation officiellement Fluxus à Nice avec Maciunas.
RM : Tu avais fait auparavant des études universitaires de lettres à Aix. J’aimerais avoir des précisions sur ta période de formation.
MA : Lorsque j’étais en quatrième et en troisième, au Cours Complémentaire du Port, je passais mes jeudis à la Villa Thiole, l’Ecole Municipale. Edouard Fer, alors directeur, en me remettant dans son bureau un premier prix de dessin et aquarelle m’avait conseillé d’entrer à l’Ecole d’Art Décoratif. Ce qui ne m’intéressait aucunement : je voulais être instituteur, et écrire. Les événements m’ont conduit jusqu’en Fac. La première année était encore pluridisciplinaire et j’ai choisi d’abord histoire et philo. avec l’intention de plutôt continuer en philo. Mais j’étais de formation scientifique, et par manque de bases classiques j’ai opté au plus facile, lettres modernes... J’ai gardé des lectures très diversifiées, et le meilleur de ma formation est peut-être d’avoir ajouté en autodidacte, jusqu’à Bac plus quarante et quelques. La pratique est une bonne formation... si on se pose des questions !
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