Accueil > Les rossignols du crocheteur > ALOCCO, Marcel > 2000 - Imparfait dans le texte
RAPHAËL MONTICELLI
Dans le Cahier Alocco publié par les éditions de l’Amourier, cet entretien fait suite à la présentation générale Alocco, sémaphore inspiré.
L’enjeu était de taille mais ne nous effrayait pas : nous n’en voyions pas l’énormité... Nous refaisions le monde, non ? Dans cette époque pré-support-surface où s’est posé l’essentiel du travail, de 1966 à 1970, toute une génération se trouvait par différents itinéraires à re-découvrir ou réhabiliter la spécificité du langage plastique, et à en explorer de façons plus ou moins empirique les possibilités d’expression. Pour ne citer que quelques uns de ceux qui ont manifesté une constance et une conscience permanente du travail fait, Buren, Viallat, Buraglio arrivaient sur le même champs et en matérialisaient la réflexion. Ma particularité était l’entrée par le texte. Elle ne sera pas sans effet, ensuite, dans la prise en considération de l’héritage iconique...
Si l’exposition des travaux de cette période de 64 à 74, que je fais à la médiathèque de Contes en juin 2000 a un sens, c’est de montrer comment à travers un tâtonnement fiévreux, finalement moins dispersé qu’il ne paraissait à l’époque, se dégage une ligne de force qui va structurer et permettre tout mon itinéraire. Certains, les plus nombreux, ont pratiqué l’évitement ; d’autres ont posé le problème et ont tout oublié pour devenir fabricants d’objets d’art. Et quelques uns ont fait oeuvres de manière continue et cohérente, qui vaudront ce qu’elles vaudront, mais contre vents et marées, contre modes et assurances technocratiques, ...et même ignorance ou mépris institutionnels quelquefois... en ce qui me concerne. S’il y a une peinture depuis 1965, c’est parmi ces derniers qu’il faudra faire le tri.
Si des gens comme Buraglio, Viallat, et quelques autres continuent de m’intéresser aujourd’hui, ce n’est pas pour s’être posé avant 1970 les mêmes problèmes que se posaient avec moi une vingtaine au moins d’artistes de notre génération, c’est pour avoir chacun à leur façon persisté sans abandonner les acquis dans une pratique exploratrice, pendant que beaucoup semble n’avoir pas tiré de leçons de ce passage, et par ce reniement n’ont rien compris ou rien construit, ce qui revient au même.
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