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ALAIN FREIXE
Ce texte est paru aux éditions de la Diane française, illustré par Muriel Desambrois
Les cinq monotypes de MD portent traces d’existences passées : photos anciennes, écritures passées…Le temps est la clef de voûte de ses œuvres ou l’oeil du cyclone, bref la belle querelle de MD.
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« Comment portez-vous le temps qui vous porte ?
Comment parlez-vous des morts ? »
Je terminais ainsi un poème intitulé « Temps disjoint » pour un livre d’artiste qu’avait conçu Martin Miguel. Je trouve chez MD une réponse. Pas de celles qui annulent les questions et qui finissent, coupées de leur instance animatrice, par n’être réponse à rien mais, au contraire, celles – rares – qui restent liées/rivées aux questions avec lesquelles elles jouent au point qu’on peut supprimer tout point d’interrogation. Ainsi arrimée à sa question, la réponse se retourne et se fait question, à son tour. Soudure. Où nous trouvons à nous appuyer. Tant ce sont les questions qui nous redressent et nous maintiennent comme hommes. Tels sont, à mes yeux, les monotypes de MD, non des empreintes sur papier, des objets de papier, un jeu contre-forme/forme, des peintures inversées, et certes les estampages de MD sont tout cela mais aussi et surtout des questions.
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MD fait apparaître des visages. Des visages sans corps. Des corps sans visage. Des masques tirés de l’ombre. Des formes que le jour dans sa montée chantourne.
MD fait revenir de la mort. Arrache à la mort des visages, des âmes, ces mélodies renouées.
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