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ALAIN FREIXE
Ce texte est paru aux éditions de la Diane française, illustré par Muriel Desambrois
Non pas voir ce qu’on ne saurait voir mais donner à voir en cherchant à le donner à voir ce qu’on ne saurait voir dans ce procès même du travail qui monte transferts d’images, écritures anciennes, fragments de poèmes ou de gravures. Feuilleté gris. Quand le gris est la couleur de l’été, celle de « l’atmosphère de l’été, dont parle Baudelaire, quand le soleil étend comme un crépuscule de poussière tremblante sur chaque objet ».
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Dans Au pays de la magie, Henri Michaux disait que l’homme ne mourait que lorsqu’il ne restait plus aucun pli à défaire. Parce qu’alors voilà qu’il était accompli. Sa vie dans les plis terminée. MD défait ici un pli de plus pour ces visages sans corps ou ces corps sans visage.
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« Tout ce qui est doué de vie sur terre sait reconnaître la mort », comme ces mots de René Char s’appliquent bien à MD ! Dans ses monotypes, elle sait porter la vie jusque dans la mort, le feu dans ses cendres. Dans le grand œil de la mort qu’entrouvrent ses monotypes, je ne vois que son amour de la vie. Vie menacée, certes. En alarme. Mais vie dos au mur, adossée à la mort pour prendre appui dans le combat.
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