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ALAIN FREIXE
Ce texte est paru aux éditions de la Diane française, illustré par Muriel Desambrois
Gris, Agent du flou, agent d’estompe. Couleur frontière du passage non dans l’invisible mais de l’invisible.
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J’aime dans ces estampes leur « serré » - dans la grisaille – leur agudeza, cette pointe. Leur manière d’arriver en bordure de rêve comme s’ils allaient toucher au silence.
Ses monotypes sont des silences qui remontent comme en un puits artésien.
MD fait parler le silence. Cela s’entend. Cela finit par se voir ; de l’eau s’écoule. Source.
Peintre, MD est poète. Au sens où l’entendait Baudelaire quand il demandait ; « Qu’est-ce qu’un poète, si ce n’est un traducteur, un déchiffreur. » Et c’est du silence que traduit MD. C’est lui qui voûte nos regards.
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Les images de MD mettent à nu, à vif c’est même mieux, le présent. Montrer du visible pour faire voir l’invisible ne serait-ce pas là désir de peintre ? N’est-ce pas cela que l’on voit à l’œuvre dans les estampes de MD, ce désir de donner visage à l’inconnu qui la hante tout en préservant l’énigme, le secret. N’est-ce pas cela qui nous trouble : une image claire de toutes ses ombres, sous tous ses voiles. Une image qui abrite la nuit du dessous, une nuit minérale. Autre soleil.
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