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ALAIN FREIXE
Ce texte est paru aux éditions de la Diane française, illustré par Muriel Desambrois
Modulations, variations. Donner corps à des ombres, épaisseur à des gouffres. Silence assourdissant. Peut-être que dans les monotypes de MD nous sommes passés de l’autre côté. Au-delà de l’effacement, de l’ultime remous. Pour que cet autre côté nous devienne visible, il fallait qu’il fasse surface à nos yeux. Que passe le fantôme !
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Croire aux esprits ? Aux fantômes ? Aux revenants ? Au pays d’arrière d’où viennent messagers, avant-coursiers, fantômes, spectres à se promener sur les bords de nos perceptions, hôtes des frontières indécises de la conscience…Vous n’y croyez pas ?
Pourtant.
Demandez aux amputés ! Interrogez-les sur cette expérience sensorielle des « membres fantômes », vous verrez si dans les marges il n’existe pas des perceptions qui trouent par moments nos consciences, perceptions de choses senties alors que n’étant plus – je pense à ces membres absents, à l’avant-bras emporté de Blaise Cendrars à la ferme de Navarin . Pourquoi n’existerait-il pas des perceptions d’êtres dont l’âme, de ce côté-ci du jour, quand s’entrebaîlle le temps, puisse venir flotter en lisière, invisible présence d’une musique tue.
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Frère de l’ombre et du reflet, chose blanche ou noire, douteuse eu égard à notre rationalité cartésienne et équivoque dans sa nature même, le fantôme contrevient au principe logique du tiers-exclu.
La logique du fantôme – comme celle de l’inconscient – ignore le principe de contradiction.
Au-delà de ce que l’on voit ou entend, reste ce fort sentiment de présence…au delà / en deçà des sens qui en certains lieux, à certains moments charge d’intensité l’air.
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