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ALAIN FREIXE
Ce texte est paru aux éditions de la Diane française, illustré par Muriel Desambrois
En manque de corps, le fantôme cherche figure. Comment représenter ce qui ne se laisse pas représenter, ce qui est et n’est pas ? Comment tirer, attirer le fantôme dans la représentation, le capturer dans les rets de la figure ? Le fantôme incarne ce trait de l’œuvre qui ajointe l’invisible au visible.
Comment capturer dans l’apparence le fantôme ? Comment le faire venir ? L’acte de peindre serait-il un rappel ?
Stratégie de MD : le monotype. Empreintes montées de visages, d’écritures, de fonds gothiques. C’est là un art de l’impossible : incalculable et imprévisible…On ne peut que mettre en scène les conditions de possibilité de l’arrivée du fantôme.
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MD ne peint pas des fantômes, elle monte, met en scène des dispositifs qui sont les conditions de possibilité du passage du fantôme. Par delà le piège de l’apparence illustrative, anecdotique de ses œuvres, quand il passe, on reste soufflé. Face à quelque chose qui se tait de toute sa musique. Qu’une étrange dimension auratique nimbe.
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Effets de halo. Un nimbe, une zone d’ombre épaisse, soit vierge et vide, soit abritant des visages . Les auréoles dont MD entoure ces visages sont matrice de lumière. Elles protègent et élèvent les visages. L’ombre est ici comme un double, une gangue.. Image de l’autre, de la mort. Celle qui s’avance, pousse devant les visages. La mort gaine la vie. L’enveloppe. La sculpte. L’entretient.
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