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ALAIN FREIXE
Ce texte est paru aux éditions de la Diane française, illustré par Muriel Desambrois
Tremblements obscurs, passages d’ombre, brumes furtives, sombres parages J’aime cette façon blessée de porter le temps chez MD. De laisser des traces : contact et retrait ; absence et présence. Apparition et disparition. Profils et contours indécis. Sans monde sous les voûtes. Elles flottent, comme suspendues entre les battants d’une porte, prises sur le seuil.
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Qu’est-ce que se souvenir de ceux d’hier ? Des êtres de chair et de sang qui ont vécu ? Ceux qui meurent ne sont pas sans laisser derrière eux des marques de leur passage – traces, vestiges, images, signes laissés aux vivants que nous sommes. Entre les vivants et les morts, c’est comme si s’étendait une contrée étrangère, inquiétante où ces signes seraient déposés. Abandonnés. C’est là que va MD.
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S’il y a un travail sur la mémoire chez MD celui-ci est à contre-courant. En aucun cas, MD ne propose des retours arrière mais un travail d’intériorisation. Comme chez Gérard de Nerval « (le) souvenir se creuse plus avant en (elle) » .Toujours plus avant. La mémoire procède par coups de vent intérieurs.
Md ne peint pas pour se souvenir mais plutôt pour faire entrer dans l’oubli. Pour se détacher du temps et de son fil. Ses monotypes ne sont pas à parcourir comme quelques palais de mémoire où tout se serait maintenu intact et exact mais à lire comme des fictions de l’oubli, des tableaux évidés, en manque de centre, un passé en ruines, un labyrinthe.
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