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MICHEL BUTOR
Courir les routes
Ce texte est paru en 2005 dans Le Bonheur de la littérature aux Presses Universitaires de France en hommage à Béatrice Didier. Il est repris dans le tome X des œuvres complètes.
Béatrice Didier est professeur émérite de littérature à l’école normale supérieure, spécialiste de littérature française des XVIIIe et XIXe siècles.
Elle fut l’interlocutrice de Michel Butor dans « Le retour du Boomerang » (1988 PUF).
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Ci-dessous, la première partie de ce texte
5) Les compagnies
Mais la plupart du temps on utilise la voiture pour aller d’un domicile fixe à un autre, fût-il provisoire. Des services s’organisent Les auberges deviennent des relais dans lesquels non seulement hommes et chevaux ont vivre et couvert, mais où l’on change d’équipage pour améliorer la vitesse. Avec le développement de la diligence, les bagages s’épanouissent : coffres, malles qui deviennent énormes jusqu’à pouvoir cacher des êtres humains morts ou vifs, avec des aménagements pour que les vêtements ne souffrent pas trop des cahots ; mais comme la place est toujours étroitement limitée malgré tout, on cherche la miniaturisation de tout ce qui va nous manquer. Alors apparaissent de merveilleux nécessaires de toilette et de petit-déjeuner.
Au début de son essai sur La malle-poste anglaise Thomas de Quincey remarque que ce nouveau mode de locomotion doit l’influence qu’il a sur ses rêves à quatre raisons :
1) la vitesse alors inégalée, qui lui découvrit la splendeur du mouvement,
2) les effets théâtraux des lanternes au milieu de l’obscurité des chemins de traverse,
3) la beauté et la puissance des chevaux sélectionnés pour ce service,
4) le sentiment d’une intellignce directrice qui parvenait à coordonner tous les efforts en dépit des distances et des intempéries, comme si tous les employés obéissaient à la baguette de quelque grand chef d’orchestre.
Il note que deux malles-postes, partant en même temps des deux termes d’un itinéraire en sens inverse, se rencontraient presque toujours sur le pont de la mi-chemin.
Ce sont déjà les plaisirs des horaires qui se développeront considérablement avec les chemins de fer, puis les compagnies d’aviation.
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